Les voyages en avion avec de jeunes enfants exigent certaines précautions en raison de leur sensibilité accrue aux variations du taux d’oxygène durant leur première année de vie - surtout s’ils sont nés prématurément et encore plus s’ils souffrent d’une maladie pulmonaire chronique.

Selon la littérature, les données actuelles permettent les principales recommandations suivantes :
_Les nourrissons nés à terme et en bonne santé peuvent prendre l’avion sans problème dès l’âge d'une semaine. Certaines compagnies aériennes autorisent les nouveau-nés à bord dès 48 h après la naissance, d’autres peuvent exiger un certificat médical attestant de l'aptitude à voyager pour les nouveau-nés âgés de moins de 7 jours.
_Le vol en avion est déconseillé en cas d’infections aiguës des voies respiratoires, chez les nourrissons de moins de six mois - en particulier aux anciens prématurés - en raison du risque d’apnées.
_Le vol en avion est déconseillé aux prématurés et nouveau-nés à profil respiratoire immature, aux nouveau-nés qui présentent des troubles de la régulation respiratoire ou une hypertension pulmonaire.
_Pour les enfants en bonne santé nés prématurés (en particulier avant la 32e SG avec problèmes pulmonaires), il faudrait plutôt renoncer aux voyages en avion durant les premiers mois de vie. Si toutefois un vol de longue durée s’impose durant la première année de vie, il faut s’adresser au préalable à un spécialiste afin de déterminer si un apport d’oxygène est nécessaire durant le vol.

Durant un vol en avion, les variations de pression en cabine entraînent des modifications de volume des gaz enfermés dans les cavités fermées de la sphère ORL. Les difficultés d’équilibrage de pression de part et d’autre du tympan se manifestent par des otalgies, qui peuvent aller jusqu’à des lésions importantes du tympan (otite barotraumatique). En cas d’infections ORL légères, l’application de gouttes nasales décongestionnantes (xylométazoline) avant le départ et au début de la descente précédant l’atterrissage est recommandée. Pour les petits enfants en bonne santé, une tétine ou l’allaitement sont souvent d’un bon secours. En cas d’infection marquée des voies respiratoires supérieures, le voyage en avion ne devrait se faire que sur avis médical préalable.

L’air sec dans l’avion pose un autre problème, d’autant plus que les enfants compensent l’hypoxémie par une élévation de la fréquence respiratoire. Il est conseillé d’offrir de l’eau toutes les heures au jeune enfant lors d’un vol de longue durée.

Sources :
Revue Paediatrica 1/2010/p28 : A quelles conditions un bébé peut-il voyager en avion ?
Médecine des voyages Médecine tropicale, Masson 2e édition, p 8

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